L’épiphanie, une affaire de traditions

Mis à jour : mars 23

Que ce soit par son histoire ou par sa façon d'être célébrée aux quatre coins de la France, l'épiphanie est avant tout une affaire de traditions, de coutumes croisées et de partage.


Même si l’épiphanie est officiellement célébrée le 6 janvier, la plupart d’entre vous a déjà dû « tirer les rois » à l’occasion du premier dimanche de l’année. Toutefois rassurez-vous si vous ne l’avez pas encore fait puisque les rois se fêtent jusqu’à la fin du mois de janvier ! Quelle que soit la douceur que vous ayez dégustée, le petit dernier de la famille a sûrement fini sous la table en criant « Mamaaaan » ou encore « Non plutôt Mamiiiie » et les petits gloutons ont pris plus de plaisir à chercher la fève qu’à manger leur part…


Mais savez-vous d’où vient cette (très) ancienne tradition de « tirer les rois » ? Et surtout quel rapport avec la fête religieuse de l'Epiphanie, célébrant la naissance du Christ ?




Originellement, ce sont les romains qui ont implémenté la tradition. Dans l’Antiquité, pas de galette à l’horizon mais plutôt un simple gâteau agrémenté d’une véritable fève. Cette dernière représentait la fécondité, le retour prochain du printemps, des beaux jours et des récoltes abondantes. On ne célébrait pas réellement les rois mais plutôt les maîtres. En effet, cette fête que l’on appelait la fête des Saturnales (en l’honneur du dieu Saturne) permettait d’inverser toute la hiérarchie de la société le temps d’une journée. Les parts de gâteaux étaient déjà à l’époque attribuées arbitrairement par le benjamin de l’assemblée qui désignait à l’aveugle les convives. L’esclave qui trouvait la fève devenait maître pendant 24h.



La fête chrétienne de l’épiphanie, originellement destinée à fêter l’arrivée du Messie sur Terre, est proclamée le 6 janvier, le même jour que le début des fêtes antiques Saturnales. Au fil des ans, les deux événements vont se confondre pour ne faire plus qu’un : voilà pourquoi aujourd’hui, nous tirons les rois pour l’épiphanie !



Au Moyen-Âge, le gâteau autrefois partagé par les romains prend peu à peu la forme de ce que l’on connaît aujourd’hui et cela risque d’en décevoir plus d’un mais… c’est la brioche qui a vu le jour en premier pour fêter l’épiphanie. Eh oui ! Pas de galette ni de frangipane mais une brioche garnie de sucre et de fruit confits qui va prendre le nom de « gâteau des rois », et que l’on retrouve encore aujourd’hui dans le Sud Ouest de la France. Plus tard, au XVIIIe siècle, la galette à la frangipane apparaît en France sous le nom de « la Parisienne », réalisée sous la demande de la reine Anne d’Autriche.




Mais cette appellation de « la Parisienne » ne plaît pas trop aux français ce qui va entraîner la naissance de particularités régionales comme nous les célébrons aujourd’hui. Faisons ensemble un petit tour de France de la fête des rois, préparez-vous, vous allez saliver…



Commençons par la Franche-Comté qui a pour coutume de servir de la galette comtoise. On l’appelle aussi galette bisontine et elle est principalement composée de pâte à chou et de fleur d’oranger.


Plus haut dans le Nord, pas de frangipane non plus : la galette beurrée dunkerquoise est faite avec de la crème au beurre et aromatisée au choix avec du rhum ou du kirsch. En Bretagne, la galette n’est pas fourrée à la frangipane mais elle est sablée !


Dans la catégorie brioche c’est pareil, à chacun la sienne !



A Bordeaux, c’est une couronne briochée remplie de fruits confits et parsemée de sucre. Dans le Sud-Ouest, c’est une “coque” : une brioche parfumée à la fleur d’oranger et pour ne pas faire de jaloux, on n’oublie pas les fruits confits également !


Dans la région de Pau, c’est le « garfou » béarnais : un gâteau brioché prenant la forme d’un béret parfumé à l’anis et à la fleur d’oranger. En Occitanie, la brioche sous forme de couronne (semblable à la bordelaise) est appelée le « limos ».


Enfin, en Normandie, les gourmands pourront se régaler des « nourolles » de l’épiphanie, des petites brioches au beurre.


Vous l’aurez compris, plus d’excuses pour ne pas fêter les rois, vous trouverez forcément une sucrerie qui vous conviendra !

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