L’épiphanie, une affaire de traditions

Dernière mise à jour : 23 mars 2021

Que ce soit par son histoire ou par sa façon d'être célébrée aux quatre coins de la France, l'épiphanie est avant tout une affaire de traditions, de coutumes croisées et de partage.


Même si l’épiphanie est officiellement célébrée le 6 janvier, la plupart d’entre vous a déjà dû « tirer les rois » à l’occasion du premier dimanche de l’année. Toutefois rassurez-vous si vous ne l’avez pas encore fait puisque les rois se fêtent jusqu’à la fin du mois de janvier ! Quelle que soit la douceur que vous ayez dégustée, le petit dernier de la famille a sûrement fini sous la table en criant « Mamaaaan » ou encore « Non plutôt Mamiiiie » et les petits gloutons ont pris plus de plaisir à chercher la fève qu’à manger leur part…


Mais savez-vous d’où vient cette (très) ancienne tradition de « tirer les rois » ? Et surtout quel rapport avec la fête religieuse de l'Epiphanie, célébrant la naissance du Christ ?




Originellement, ce sont les romains qui ont implémenté la tradition. Dans l’Antiquité, pas de galette à l’horizon mais plutôt un simple gâteau agrémenté d’une véritable fève. Cette dernière représentait la fécondité, le retour prochain du printemps, des beaux jours et des récoltes abondantes. On ne célébrait pas réellement les rois mais plutôt les maîtres. En effet, cette fête que l’on appelait la fête des Saturnales (en l’honneur du dieu Saturne) permettait d’inverser toute la hiérarchie de la société le temps d’une journée. Les parts de gâteaux étaient déjà à l’époque attribuées arbitrairement par le benjamin de l’assemblée qui désignait à l’aveugle les convives. L’esclave qui trouvait la fève devenait maître pendant 24h.



La fête chrétienne de l’épiphanie, originellement destinée à fêter l’arrivée du Messie sur Terre, est proclamée le 6 janvier, le même jour que le début des fêtes antiques Saturnales. Au fil des ans, les deux événements vont se confondre pour ne faire plus qu’un : voilà pourquoi aujourd’hui, nous tirons les rois pour l’épiphanie !



Au Moyen-Âge, le gâteau autrefois partagé par les romains prend peu à peu la forme de ce que l’on connaît aujourd’hui et cela risque d’en décevoir plus d’un mais… c’est la brioche qui a vu le jour en premier pour fêter l’épiphanie. Eh oui ! Pas de galette ni de frangipane mais une brioche garnie de sucre et de fruit confits qui va prendre le nom de « gâteau des rois », et que l’on retrouve encore aujourd’hui dans le Sud Ouest de la France. Plus tard, au XVIIIe siècle, la galette à la frangipane apparaît en France sous le nom de « la Parisienne », réalisée sous la demande de la reine Anne d’Autriche.